
Dans deux éditions récentes des DNA deux démolitions ont été évoquées à Strasbourg : chronologiquement c’est l’arrière du 13 rue des Bouchers qui a été d’abord concerné, puis le mur d’enceinte des Hospices Civils de Strasbourg, le long du quai Pasteur.
La plus importante affaire est l’enceinte Sud des Hospices Civils qu’une affirmation péremptoire de l’édition du 19 décembre 2007 (pages locales Edition Strasbourg), condamne : “Nouvel Hôpital Civil : le mur va tomber”.
Que représente ce mur ? Outre la limite territoriale d’une institution dont Strasbourg
peut être fière depuis le Moyen Age, il s’agit de la limite de la ville elle-
C’est donc ce monument qu’on voudrait mettre bas : outre son histoire, il sépare
la circulation dense du quai Pasteur de l’univers calme des Hospices, et vouloir
faire là une promenade reposante relève de la plaisanterie. J’évoquerais accessoirement
le coût d’une telle réalisation : le mur a déjà été (maladroitement) restauré, une
entrée a été aménagée ; on parle maintenant d’un demi million d’euro pour une démolition
(d’où à où ?) avec des grilles “monumentales” ; ce ne serait qu’une première tranche,
une deuxième étant en gestation. Pour ma part je pense qu’une discussion entre “spécialistes”
serait la moindre des choses. Historiens, architectes, urbanistes..., voire usagers,
auraient peut-
Le deuxième sujet plus modeste est l’arrière du 13 rue des Bouchers cité comme incessamment frappé d’un arrêté de péril : le fond du très honorable restaurant “Il Girasole” est en effet en mauvais état, inhabité pour ses niveaux d’étages, mais ne manque pas d’intérêt. La façade sur cour est une belle façade pignon renaissance à porte sur cour de style médiéval et aux fenêtres à meneaux protégées par de petits auvents de pierre ; je n’ai pas visité le reste de l’immeuble dont la toiture à deux pans est couverte de tuiles anciennes (Bieberschwanz). L’ensemble des façades Sud Est de la rue des Bouchers fait partie du secteur sauvegardé, est protégé mais n’est pas ancien (XVIIIe siècle) ; la partie arrière des parcelles est bien plus remarquable, en grande partie déjà saccagée. L’exemple du 13 est à ce point de vue très intéressant avec un pittoresque bâtiment qu’il faudrait préserver au moins dans son aspect extérieur avec peut être un réaménagement de la cour qui deviendrait un écrin digne de la qualité du restaurant. Il conviendrait donc d’en garder l’intérêt et le charme, détails qui font l’authenticité d’une ville.
Guy BRONNER
Président de la Société pour la Conservation
des Monuments Historiques d’Alsace